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Souvent discréditée, l’intuition est un outil précieux

On peut faire la distinction entre l’intuition, rapide, émotionnelle, et le raisonnement, lent et contrôlé, comme bases de la prise de décision humaine. Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), il a été démontré que le raisonnement et l’intuition sont sous-tendus par des réseaux cérébraux très différents. L’intuition mobilise des circuits d’intégration alors que le raisonnement implique des réseaux du cortex frontal. Son fonctionnement est accompagné d’une sensation d’effort, alors que l’intuition est perçue comme instantanée et facile.
19. juillet 2019 - JEREMY GRIVEL, YVES FRANÇOIS (FONDATEURS D’AXESSLAB)

Article rédigé en complément à la conférence donnée par les auteurs au château de Cormondrèche, le 6 juin 2019, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’association HR Neuchâtel.

Une forme de cohérence

Cependant, l’intuition ne se construit pas de manière immédiate, mais reste longtemps cantonnée dans des fonctionnements non-conscients. Durant cette phase, le cerveau accumule de grandes quantités d’informations issues de l’environnement, des émotions, de l’expérience et construit une forme de cohérence. C’est lorsque cette cohérence est obtenue qu’elle apparaît au niveau conscient. Cela donne une impression claire qui peut être, parfois, interprétée comme magique et externe. Nous avons, culturellement, une fâcheuse tendance à accorder plus de crédit au raisonnement qu’à l’intuition. Ainsi, lorsque nous suivons nos intuitions, nous ne pouvons nous empêcher de fournir des rationalisations post-hoc pour justifier nos décisions.

Certains voient l’intuition comme nécessairement correcte et d’autres la considère plus comme une hypothèse à tester avant d’être considérée comme valide. Ce qui a été scientifiquement mis en évidence, c’est que la réflexion consciente mène parfois à de mauvais jugements, car la conscience a une faible capacité de traitement et donc ne peut tenir compte que d’un sous-ensemble d’informations.

Notre cerveau reçoit environ un mégabyte de données brutes chaque seconde, ce qui est impossible à traiter de manière réflexive. La pensée non-consciente ne souffre pas de limitation de capacité, de grandes quantités d’informations peuvent être intégrées dans le jugement évaluatif. En conséquence, la complexité est le facteur qui permet de choisir entre les deux modes de pensée, réflexive ou intuitive. Les études montrent que la réflexion consciente est utile lorsque le problème est clair et qu’il y a relativement peu d’éléments à prendre en compte. L’intuition devrait être favorisée pour obtenir une impression globale lorsque le problème est complexe et comporte de nombreuses variables.

Le raisonnement privilégié

Comme chacun de ces deux systèmes - le raisonnement et l’intuition - possède ses forces et ses limitations, la performance optimale requière un mix adéquat de ces deux modes de traitement.

Dans un monde et des environnements de travail actuels que l’on peut qualifier de mal structurés, avec des changements rapides et une augmentation de l’incertitude, les organisations et les individus ont à chercher des outils pour s’en sortir de manière satisfaisante dans des situations souvent ambigües. L’un de ces outils est l’intuition, résultat du travail de nos processus non-conscients, qui mérite d’avoir autant de considération et de respect que le raisonnement, considéré comme l’unique voie socialement respectable pour prendre des décisions.

aXesslab est une agence spécialisée dans les sciences du comportement.

Jeremy Grivel, docteur en neurosciences et Yves François, psychologue, en sont les fondateurs. Ils rassemblent les données scientifiques de neurosciences et de psychologie publiées sur le comportement humain et utilisent ce champ de connaissances pour élaborer des stratégies de changement du comportement (axesslab.ch).


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