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Upskilling – que signifie ce concept pour la formation professionnelle ?

Tout le monde doit-il être toujours mieux qualifié de nos jours ? L’édition automnale de la revue de l’IFFP « skilled » se penche sur ces questions sous l’angle de l’upskilling.
12. novembre 2020 - PD/MIG

Plus que jamais, les professionnelles et professionnels sont tenus d'acquérir de nouvelles qualifications, plus élevées et plus poussées. Dans l'article d'introduction de la revue, des chercheuses de l'Observatoire suisse de la formation professionnelle OBS IFFP expliquent ce que signifie la tendance à l'upskilling pour la formation professionnelle. Dans la suite, nous présentons un extrait du texte.

Les exigences imposées dans les entreprises évoluent. Des qualifications nouvelles, supérieures et complémentairDans la suite, nous présentons un extrait du texte.es s’imposent. À cet égard, il est souvent question d’upskilling, de deskilling ou de reskilling. L’Observatoire suisse de la formation professionnelle OBS IFFP précise ce que cela signifie dans le contexte de la formation professionnelle et où résident ses points forts et ses faiblesses.

La question des qualifications requises sur le marché du travail de demain est un thème prédominant dans toute l’Europe. Dans ce contexte, il est souvent question de ce que l’on appelle les « skills », traduits en français par ap-titudes, compétences ou qualifications en fonction du do-maine d’application. On distingue en général trois types de « skilling » :

Upskilling

(qualification supérieure, perfectionnement ou mise à niveau des compétences) : le terme se réfère, d’une part, à la croissance des exigences imposées dans le cadre de la mutation économique et, d’autre part, au processus d’apprentissage individuel et d’acquisition des nouvelles aptitudes permettant de faire face à l’évolution des exigences du marché de l’emploi.

Reskilling

(requalification) : le terme se réfère à l’ac-quisition de nouvelles compétences applicables dans le cadre d’un nouvel emploi. Cela peut s’avérer nécessaire, dans la mesure où, par exemple, certaines professions perdent de l’importance en raison de la numérisation et où de nouvelles professions font leur apparition.

Deskilling

(déqualification, perte d’importance des compétences acquises) : le terme désigne l’éviction du personnel moyennement qualifié par les nouvelles tech-nologies et l’automatisation, car les tâches qu’il accom-plissait ont été automatisées ou numérisées.

 

Upskilling : un processus de longue date

Depuis les années 1960, les degrés secondaire et tertiaire de la formation se sont développés en Suisse, ce qui a accru la part des titulaires de qualifications plus élevées. Cette tendance s’est poursuivie au cours des trente dernières années. Aujourd’hui, environ 45 pour cent des 25–64 ans possèdent un diplôme d’études supérieures ou un titre de formation professionnelle supérieure. Cette ten dance devrait se maintenir jusqu’en 2030 en raison de l’évolution démographique, ainsi que l’explique en détail le Conseil fédéral dans son rapport concernant les inci-dences de l’évolution démographique sur le système édu-catif.

En ce qui concerne les seuls diplômes de Haute école spécialisée, un accroissement de 28 pour cent est à prévoir dans les 20 prochaines années. Selon le Conseil fédéral, le nombre des diplômes de HES devrait s’accroître tout par-ticulièrement dans le secteur de la santé (+49 pour cent d’ici 2037), après avoir déjà progressé durant les dernières an-nées, tandis que la croissance devrait s’affaiblir dans le sec-teur social (+19 pour cent d’ici 2037) et dans le domaine de la gestion et de l’administration (+21 pour cent d’ici 2037).

 

Défis pour la formation professionnelle

En principe, grâce à son système de formation profes-sionnelle perméable et bien développé, la Suisse est bien armée pour faire face à l’évolution future du marché de l’emploi et aux mégatendances telles que la numérisation. La rapide mutation des compétences requises exige toutefois une requalification et un perfectionnement permanents. C’est aussi un défi pour la formation pro-fessionnelle. La forte réglementation du système peut ralentir le processus évolutif. La question se pose, par exemple, de savoir si les cursus de formation profes-sionnelle peuvent être adaptés assez vite afin de trans-mettre les contenus requis par l’évolution du marché. La segmentation relativement marquée de la formation professionnelle limite en outre les possibilités de perfectionnement.

 

 


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